15 October, 2016

Cloud, big data, IoT... Quand Huawei étale sa puissance

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Cloud, big data, IoT... Quand Huawei étale sa puissance

Double événement pour le géant chinois des télécoms et des smartphones: à Shanghai où il organise le Huawei Connect 2016 et à l'IFA de Berlin où il a présenté ses derniers produits. 

Huawei poursuit son entrée dans la cour des grands. L’équipementier de télécoms chinois, plus connu du grand public pour ses smartphones, a mis les petits plats dans les grands pour montrer sa puissance tout au long de la semaine. Huawei, dont le nom se traduit peu ou prou par « l’essor de la Chine » a organisé son plus grand événement du 31 août au 2 septembre : le Huawei connect 2016. Dans le plus grand lieu de rassemblement de Shanghai, le Mercedes-Benz Arena, elle a invité 20.000 personnes, dont 9.000 clients, 2.200 partenaires et 4.000 développeurs, sans compter le parterre de journalistes. C’est la première fois qu’il regroupait ses rendez-vous spécialisés en un seul tempo avec une thématique commune : le cloud, mais aussi le big data et l’internet des objets qui font partie d’une même technologie, selon la direction de Huawei.

Mercredi 31 août, l’ouverture a un air de déjà vu. Dans les baffles, une musique électronique tonitruante est bombardée. Sur chaque fauteuil, les invités sont accueillis avec un cadeau maison, un gadget USB pour éclairer l’écran d’ordinateur. Et pour faire passer les 20 minutes d’attente (50 le lendemain), les invités sont incités à exprimer leur humeur dans un sondage on-line: « heureux », « amusé », « curieux ». Rien pour les impatients. Sur la scène débarque alors, Ken Hu, le PDG par interim, de Huawei monde. « Nous avons choisi le cloud parce qu’il change de fond en comble la vie des êtres humains. Après la révolution industrielle et la révolution de l’information, c'est l’heure de la révolution de l’intelligence », lance-t-il parmi les grandes phrases préparées. « Aujourd’hui, on entre dans une époque du cloud 2.0, celles où les entreprises vont transférer toutes leurs données en ligne. Huawei souhaite être un précurseur de cette époque, un fournisseur de technologie cloud. Nous investissons beaucoup en R&D et préparons une solution technologique de bout en bout avec la fiabilité, la simplicité, la sécurité et l’ouverture », précise-t-il. 

Sur la scène Ken Hu, tente de montrer toute sa prestance. Le déroulé de l’événement n’est pas sans rappeler ceux d’Apple. Mais n’égale pas Steve Jobs qui veut, surtout dans une entreprise qui n’a pris l’habitude de communiquer à l’international que depuis 5 ans environ. La traduction en simultané déraille, les données chiffrées sont cruellement absentes des speechs et les conférences sur le cloud se ressemblent toutes les unes après les autres. On dirait une initiation sur le cloud pour les débutants à usage interne en Chine, plutôt que pour convaincre de futurs partenaires économiques. On apprend tout de même que Huawei commence déjà à mettre le paquet: sur les 830 data centers que l’entreprise a construit dans le monde, 420 sont réservés au cloud. Ils sont déjà utilisés par de grandes entreprises françaises à l’image de TF1 ou Criteo. Et Huawei consacre toujours plus de 10% de ses revenus (56,4 milliards d’euros en 2015) à la R&D. 

Derrière Samsung et Apple

Même si tout n’est pas réussi, ce grand raout est un saut énorme pour cette entreprise, inconnue du grand public mondial il y a quelques années, mais classée troisième vendeur de smartphones au monde derrière Samsung et Apple au premier trimestre 2016. D’après l’histoire officielle, Huawei, 100% Made in China, a été fondée en 1988 sur le modèle d’une start-up californienne. Dans cette entreprise privée - chose rare en Chine - les salariés les plus méritants sont actionnaires. Aujourd’hui milliardaire, le père fondateur, Ren Zhengfei, ex-colonel de l’Armée populaire de libération, aurait débuté son business de routeurs dans un modeste hangar de la zone économique spéciale de Shenzhen, et propulsé son entreprise au deuxième rang mondial des équipements de télécommunications, où oeuvrent désormais quelque 170.000 salariés. Ce spécialiste de longue date des réseaux n’entend pas en rester là.Cette semaine à Shanghai, il a annoncé les détails de son partenariats avec l’entreprise d’ascenseur Schindler qui souhaite équiper tous ses appareils (1,5 million de machines) du cloud Huawei, version internet des objets, d’ici 5 ans afin de prévenir les pannes. Enfin, jeudi 1er septembre, la signature d’un contrat dans les smart cities avec le groupe français de traitement de l’eau et des déchets Veolia, a fait date. Impossible de connaître le montant du contrat, mais il devrait concerner les poubelles connectées comme le traitement de l’eau. Pourquoi Huawei? « Au MWC 2015, l’entreprise était la seule qui évoquait déjà l’IOT [Internet of Things, NDLR] en terme de réseaux. Ils sont rapides, réactifs: le standard a été finalisé en juin mais les puces seront déjà disponibles dans quelques jours », explique Alain Staron, senior VP de la stratégie digitale de Veolia, qui détient un stand dans un des immenses hangars de démonstrations.

Une nouvelle gamme de smartphones

Mais c’est probablement l’annonce de Huawei à l’IFA de Berlin - le salon des professionnels de l’électroniques allemand - qui aura fait le plus de bruit. Les smartphones grand public contre le point fort historique, mais trop technique, des réseaux. Après la série des P et des Mate, la marque a lancé une nouvelle gamme, les « Nova » ce jeudi 1er septembre. Elle contient deux smartphones full HD de 5 et 5,5 pouces, des coques en métal brossé arrondi qui rappellent le Nexus 6P et un lecteur d'empreintes digitales. Ce qui plaît le plus pour ce smartphone entre haute et moyenne gamme est son prix qui démarre à 369 euros. Le géant des smartphones cherche ici à se renforcer face à une concurrence chinoise de plus en plus agressive sur le segment des smartphones moyen et haut de gamme. Car le numéro 3 mondial a été rejoint par des Oppo et autre Vivo, qui avec Xiaomi, OnePlus et Meizu, débarquent sans complexes avec des appareils à moins de 400 euros et qui rivalisent avec le très haut de gamme. Mais pour Huawei, les cibles numéro un sont Apple et Samsung. Et question show  à l'américaine, le groupe de Shenzhen a encore du chemin à faire pour venir tutoyer celui de Cupertino. 

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